Une petite réflexion m’est venue après avoir partagé ce mème :

Je l’ai posté en réponse à un déferlement d’insultes malheureusement habituel sur TwiXter, qui a été exposé ici. C’est amusant, un peu méchant, et ça décrit bien comment ces harceleur·euses sont perçu·es par les autres.

Et justement, je me suis fait la réflexion que ces “abruti·es ridicules de l’extrême-droite américaine”, ce sont souvent des ”citoyen·nes lambda” : des pères et des mères de famille, ou des marginaux·les en manque d’éducation, ou des étudiant·es pas forcément idiot·es, ou des docteur·es en économie, ou que sais-je encore… Je n’ai pas vérifié, et je n’ai pas à le faire.

Quand on s’autorise à harceler, ou quand on participe au harcèlement de quelqu’un, c’est souvent parce qu’on s’est convaincu·e que la personne harcelée mérite : c’est un·e ennemi·e de mon bord politique, un·e méchant·e facho, et moi je ne fais que de la prévention, de la lutte inégale contre un·e ennemi bien trop puissant…

Et c’est pareil partout.

Oui, une bonne partie des harceleur·euses d’ED sont persuadé·es qu’iels ont le devoir de le faire. J’insiste : le devoir de le faire, pas uniquement le droit.

J’en sais quelque chose : je n’en parle pas souvent parce que j’en ai un peu honte, mais j’ai fait partie de ces fameux “fans décérébrés” du Raptor, de Dieudonné, de MLP, de JSPC. Je ne dis pas que je suis maintenant un exemple à suivre, suite à ma rédemption.

Par pitié, non.

Par contre, des fans de ces figures (populaires et/ou politiques) de l’ED, j’en ai côtoyé quelques un·es. Ce ne sont pas des singes derrière des écrans, ce sont des gens affligeant·es de banalité, comme vous, comme moi, avec une idéologie ± commune mais avec chacun·e leurs passions, leurs hobbies, leurs histoires personnelles, etc.

Se protéger le cerveau en se convaincant que les harceleur·euses “ne sont pas vraiment des êtres humains avec lesquels on pourrait se comparer”, c’est précisément la justification qu’iels ont elleux-mêmes pour justifier leur devoir d’harceler. C’est techniquement pas aussi grave que participer à un harcèlement (on rappelle que le harcèlement tue), mais c’est un premier pas, qu’on franchira d’autant plus facilement puisqu’on sera “de bonne foi”, “avec des bonnes raisons de protéger les autres/sa patrie/cette personnalité que j’adore/la morale/les enfants/les faibles/etc.”

Ne soyez pas confortables dans la fainéantise intellectuelle comme je l’ai été.

~icoste